Récital du 19 mai 2022

Récital du 19 mai 2022

Récital du 19 mai 2022

Envol

Kimberley Boettger-Soller, mezzo-soprano · Eric Schneider, piano · Nicolas Bacri, compositeur
Présentation des œuvres par Nicolas Bacri

Palais de l’Athénée, salle des Abeilles · 2, rue de l’Athénée · 1204 Genève

Programme

Schubert, Schumann, Debussy, Bacri

Documents

Programme
Textes et traductions

Dans les coulisses

À l’occasion de cet évènement, certains de nos invités ont accepté de partager leur impressions, leurs envies et leur enthousiasme. Voici les messages qu’ils vous adressent…

C’est à la demande de Benoit Capt, directeur de Lied et mélodie, à Genève, que je me suis penché sur trois fragments poétiques de Saint-John Perse, un des premiers poètes auxquels je m’intéressais comme compositeur puisque j’avais déjà tenté, vers l’âge de quinze ou seize ans, une mise en musique (non aboutie) de ses textes.

C’est donc un poète que j’affectionne particulièrement et j’eus d’ailleurs la joie de le retrouver en tant qu’analyste, en 1982, lorsque je me penchais en détails sur le Concerto pour orchestre (1968) d’Elliott Carter, qui fait référence au poème Amers du même auteur.

Après avoir longtemps pris mes distances avec la musique vocale, ma reconsidération progressive du sentiment tonal, à la fin des années quatre-vingts, me permit naturellement de renouer avec elle. C’est ainsi que j’écrivis depuis huit cantates et treize motets pour choeur a cappella qui sont tour à tour partagés entre deux thématiques : l’expérience spirituelle ou le sentiment amoureux.

Oiseaux est une exception puisqu’aucun des fragments poétiques choisis pour ces trois mélodies ne fait référence à l’une ou à l’autre. Pourtant il me semble bien qu’un sentiment proprement spirituel se dégage de cette méditation poétique sur ces êtres habitant si gracieusement et si mystérieusement cet espace convoité par l’homme, entre ciel et terre.

J’ai essayé de traduire cette sorte de mysticisme profane et naturaliste qu’il me semble identifier chez Saint-John Perse, à travers un discours musical relativement statique, sans toutefois, je l’espère, en affaiblir la dimension lyrique me semblant inhérente à toute vraie musique.

Nicolas Bacri, Bruxelles, mai 2022

Ci-dessous: première page de la partition de Nicolas Bacri

partition Nicolas Bacri

Biographies

bio Kimberley Boettger-Soller

Kimberley Boettger-Soller

Kimberley Boettger-Soller

La mezzo-soprano allemande Kimberley Boettger-Soller a étudié à l’Université de Musique de Hanover, puis à l’Université des Arts de Berlin où elle est étudiante de Julie Kaufmann, d’Axel Bauni et d’Eric Schneider.

Elle a suivi sa formation théâtrale avec Dagny Müller et Frank Hillbrich. Durant ses études, Kimberley a reçu des bourses d’études de la Studienstiftung des deutschen Volkes et du Yehudi Menuhin Live Music Now de Berlin.

Après avoir été membre de la troupe du Landestheater Niederbayern en 2016, Kimberley a rejoint la troupe du Deutsche Oper am Rhein de Düsseldorf. Elle y assume de nombreux rôles, parmi lesquels Cherubino dans Le Nozze di Figaro, Hänsel dans Hänsel und Gretel, L’Enfant dans L’Enfant et les Sortilèges, Wellgunde dans Das Rheingold, Lola dans Cavalleria Rusticana, Orlofsky dans Die Fledermaus, Der Trommler dans Der Kaiser von Atlantis. Parmi ses projets, le Renard dans La petite renarde rusée, Afra dans La Wally et Junon dans Platee.

Comme interprète de Lieder, Kimberley a remporté un premier prix lors du 9e Concours International Franz Schubert und die Modernen à Graz, et un second prix au Paula-Salomon-Lindberg-Wettbewerb 2013 à Berlin. Avec sa partenaire de duo Melissa Gore, elle donne des récitals dans plusieurs villes d’Europe, notamment au Teatro Vittoria de Turin, à la Old National Gallery de Berlin et à la Würzburger Residenz.

bio Eric Schneider

Eric Schneider

Eric Schneider

Eric Schneider a étudié le piano et les mathématiques, et a obtenu à 22 ans son Diplôme d’interprète soliste avec mention à la Musikhochschule de Cologne. Il s’est ensuite perfectionné en interprétation du lied avec Hartmut Holl. Les pianistes Paul Badura-Skoda et Alfred Brendel, ainsi que les chanteurs Dietrich Fischer-Dieskau et Elisabeth Schwarzkopf ont eu une influence décisive sur son parcours. Auprès de Rolf Reuter, à Berlin, il a complété sa formation par des études de direction d’orchestre.

Eric Schneider a accompagné en Europe, en Amérique et en Asie des chanteurs tels que Matthias Goerne, Christine Schafer, Christiane Oelze, Stephan Genz, Anna Prohaska, Michael Kupfer-Radecky. Avec ses partenaires, il est régulièrement l’invité des Schubertiades de Schwarzenberg, du Festival de Salzbourg ou encore du Tanglewood Summer Music Festival. Sa discographie comprend notamment des enregistrements avec Christiane Oelze et Hans-Peter Blochwitz, Matthias Goerne et Anna Prohaska. Il a enregistré récemment la Winterreise de Schubert, ainsi que des œuvres de Henry Purcell et de George Crumb avec la soprano Christine Schafer, un disque de lieder de Franz Schubert «An mein Herz» avec Matthias Goerne chez Harmonia Mundi et un programme Soldaten-Lieder avec Anna Prohaska chez Deutsche Gramophon.

Eric Schneider se tourne à nouveau depuis quelques années vers le répertoire solistique pour piano. On a pu l’entendre dernièrement en récital au Festspielhaus de Baden-Baden, au Kissinger Sommer et au Klavier Festival Ruhr. Un disque d’œuvres pour piano de Janacek, Beethoven et Schumann est paru en 2009. Son enregistrement filmé de la Sonate opus 106 de Beethoven est disponible sur Youtube. Eric Schneider enseigne depuis 2008 l’interprétation du Lied à l’Université des Arts de Berlin.

bio Nicolas Bacri

Nicolas Bacri

Nicolas Bacri

Grand Prix de la Musique symphonique de la S.A.C.E.M. 2006 et nommé aux Victoires de la musique classique à cinq reprises en 2004, 2005, 2007, 2008 et 2012, Nicolas Bacri, né à Paris en 1961, est l’auteur de plus de cent-cinquante partitions dont sept Symphonies, onze Quatuors à cordes, deux Opéras en un acte, huit Cantates, douze Motets pour chœur a cappella, douze Concertos (quatre pour violon, trois pour clarinette, deux pour trompette, pour violoncelle, pour piano, pour flûte) et plusieurs autres œuvres concertantes (Ophelia’s Tears, Les Quatre Saisons, Une Prière, Requiem, Folia, Symphonie concertante, Divertimento, Notturno etc…) pour divers instruments, six Trios avec piano, quatre Sonates pour violon et piano, deux pour violoncelle et piano, une pour alto et piano, trois Sonates pour piano, des Sonates et Suites pour violon, alto ou violoncelle solos. Le rayonnement de sa musique dépasse d’année en année les frontières de la France avec d’importants concerts en Grande-Bretagne, en Chine, en Finlande et, particulièrement, aux USA et en Allemagne.

Pianiste de formation, Nicolas Bacri étudie l’analyse musicale et la composition avec Françoise Gangloff et Christian Manen, puis, à partir de 1979, avec Louis Saguer. Entré au Conservatoire de Paris en 1980, il fréquente les classes de Claude Ballif, Marius Constant, Serge Nigg et Michel Philippot et obtient un premier prix de composition en 1983. Pensionnaire à la Villa Médicis (1983-1985) puis à la Casa de Velázquez (1991-1993), il multiplie ensuite les résidences auprès d’orchestres, de conservatoires, et de festivals (Festival des forêts 2010-2012). Acteur de la vie musicale, Nicolas Bacri est délégué artistique du service de la Musique de chambre de Radio France (1987-1991). Après une invitation à l’abbaye de La Prée (1993), il fonde et co-dirige, jusqu’en 1997, les Rencontres musicales de La Prée.

Sa musique s’inscrit d’abord dans l’atonalité, dans une polyphonie hypertrophiée, influencée par l’École de Vienne et Darmstadt (1980-1985). Marqué par sa rencontre à Rome avec Giacinto Scelsi, il travaille ensuite sur la matière sonore (1985-1987), avant de s’engager vers un langage plus mélodique, sans recours aux techniques électroacoustiques. L’emploi des dissonances sert l’expression dans un climat harmonique, souvent chromatique et toujours emprunt d’un sentiment tonal. Choisi pour de nombreuses commandes d’État, il remporte les prix André Caplet et Pierre Cardin de l’Académie des beaux-arts, le Grand Prix de la musique symphonique de la Sacem et est nommé quatre fois aux Victoires de la musique.

Photo : Olivier M. Palade

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