Récital du 20 mai 2022

Récital du 20 mai 2022

Récital du 20 mai 2022

Mélodies oubliées

Benoît Capt, baryton · Fruzsina Szuromi, piano · William Blank, compositeur
Présentation des œuvres par Mathilde Reichler

Palais de l’Athénée, salle des Abeilles · 2, rue de l’Athénée · 1204 Genève

Programme

Liszt, Dohnányi, Kodály, Reger, Finzi, Blank

Documents

Programme
Textes et traductions

Photos

© David Fraternali

Dans les coulisses

À l’occasion de cet évènement, certains de nos invités ont accepté de partager leur impressions, leurs envies et leur enthousiasme. Voici les messages qu’ils vous adressent…

J’ai connu Lied & Mélodie par Benoît Capt qui se trouve être un ancien étudiant de mon cours d’analyse contemporaine à la Haute École de Musique de Lausanne. Aujourd’hui l’association a 10 ans et cela montre, à l’évidence, l’engagement et la ténacité de ses membres, qui défendent avec brio un répertoire exigeant et intime – je devrais ajouter : contre vents et marées…

J’ai donc accepté avec un grand plaisir de participer à cette célébration ; non seulement pour l’amitié et l’admiration que je porte à Benoît mais en réponse aussi à cette initiative si belle et précieuse qui met en lumière, pour cette occasion, les compositeurs vivants.

Je souhaitais aussi marquer mon soutien aux efforts réalisés par l’association pour maintenir le répertoire du Lied dans les programmes de concerts genevois. Car, ce qui il y a quelques années encore était chose habituelle – je veux parler du Lieder-Abend – tend à disparaître en Europe : aujourd’hui, bien des chanteurs, sans doute poussés par l’injonction commerciale du plaisir immédiat, chantent de la comédie musicale ou des airs d’opéra (mal retranscris au piano la plupart du temps) et ne se risquent que très sporadiquement à une soirée dédiée, par exemple, aux Mörike-Lieder de Wolf. Ils ne sont pas prêts à assumer l’effet que produirait sur le public cette œuvre de presque deux heures de musique pour laquelle le compagnonnage de la poésie est, de plus, une donnée essentielle. Pourtant il s’agit de l’un des chefs-d’œuvre absolus du 19ème siècle finissant, un cycle de la plus haute portée, dont les mélomanes sont donc désormais pratiquement privés. Il existe bien évidemment des exceptions, mais elles sont de plus en plus rares : vive la résistance donc !

Concernant mon œuvre – Sous la courbe du vol – j’ai abordé la composition de manière habituelle en ce qui me concerne : tout d’abord une lente imprégnation du texte dont je reprends maintes fois la lecture – silencieuse puis à haute voix – tentant, par ce processus, d’amener au plus proche de la conscience le rythme intime, les élans, les incises, de saisir la structure et le sens profond des choses dites ; c’est un parcours obligé chez Saint-John Perse, dont la prose – comme ma propre musique d’ailleurs – ne se livre pas immédiatement. Puis l’idée musicale – pour reprendre un vers de Charles Juliet – « affleure, afflue, devient fleuve ». A ce moment, le processus d’écriture ne s’interrompt plus, jusqu’à l’achèvement de la pièce.

Je souhaite longue vie à Lied & Mélodie et me réjouis déjà de leur 20ème anniversaire !

William Blank
compositeur

Biographies

bio Benoît Capt

Benoît Capt

Benoît Capt

Après des études d’écriture musicale et de musicologie à Genève, Benoît Capt accomplit sa formation de chant grâce à plusieurs bourses (Leenaards, Migros, Mosetti et Marescotti), d’abord à la HEM de Genève avec Gilles Cachemaille, puis au Conservatoire Mendelssohn de Leipzig, auprès de Hans-Joachim Beyer (master d’interprétation en opéra) et Phillip Moll (master d’interprétation en musique de chambre), et enfin à l’HEMU de Lausanne dans la classe de Gary Magby (master de soliste). Lauréat de plusieurs concours internationaux (Lyon, Marmande, Toulouse, Dortmund, Graz, Weiden), il reçoit en 2008 le prix du Cercle des Amis de l’OSR pour enregistrer un disque de mélodies avec le pianiste Todd Camburn. Depuis ses débuts à l’Opéra de Lausanne en 2006 dans Le Téléphone de Menotti, il interprète de nombreux rôles, tels que Zuniga dans Carmen, le fauteuil et l’arbre dans L’Enfant et les sortilèges de Ravel, Papageno dans Die Zauberflöte de Mozart, le rôle-titre dans Pimpinone de Telemann, le Duc dans Roméo et Juliette de Gounod, Bottom dans A Midsummernight’s Dream de Britten, ou encore Schaunard dans La Bohème de Puccini, sous la baguette de chefs tels que Theodor Guschlbauer, Stefano Ranzani, Jean-Yves Ossonce, Roberto Rizzi-Brignoli, Hervé Niquet, Cyril Diederich, Miguel Ortega, Arie van Beek, Diego Fasiolis ou Frank Beerman. Il se produit régulièrement au concert et en récital, et a fondé l’Association Lied et Mélodie à Genève.

bio Fruzsina Szuromi

Fruzsina Szuromi

Fruzsina Szuromi

Issue d’une famille de musiciens d’opéra, Fruzsina Szuromi est directrice de chœur, pianiste et spécialiste en Méthode Kodály. Elle obtient ses titres en direction de chœur, en enseignement de la méthode Kodály et en accompagnement au piano à l’Académie Franz Liszt de Budapest et à la Haute École de Musique de Genève.

Actuellement, elle dirige le Chœur Universitaire de Lausanne (UNIL/EPFL), un grand chœur d’oratorio, et deux chœurs de chambre, l’Ensemble Vocal Evohé à l’UNIL/EPFL et le Choeur des Professeurs du Conservatoire Populaire de Genève. C’est au sein de ce même conservatoire qu’elle partage, avec Magali Dami, la direction du prestigieux chœur d’enfants de la Maîtrise. Ponctuellement, elle se produit avec l’Ensemble Vocal Buissonnier, un chœur de chambre professionnel, et elle est chargée de la préparation des projets choraux à la Haute Ecole de Musique de Genève, où elle assure également le coaching vocal en tant que pianiste.

À travers ses divers projets, Fruzsina est ainsi amenée à collaborer avec de nombreux orchestres, tels que l’Orchestre de Chambre de Lausanne, l’Ensemble Baroque du Léman, le Camerata Alma Viva, l’Orchestre Niedermeyer, l’Orchestre de Chambre de l’EPFL et l’Orchestre Symphonique et Universitaire de Lausanne.

bio William Blank

William Blank

William Blank

Compositeur et chef d’orchestre, William Blank est né à Montreux en 1957. En 1978, ses Hesse Lieder pour soprano et ensemble sont créés à l’occasion de l’inauguration de la stéréophonie sur les ondes de la Radio Suisse Romande puis en 1985, ses Canti d’Ungaretti pour contralto et 9 instruments sont sélectionnés par la Tribune Internationale des Jeunes Compositeurs de l’UNESCO. En 1986, il est bénéficiaire de la Bourse de la Ville de Genève, ce qui lui permet d’achever sa première œuvre pour grand orchestre, Omaggi, mise au programme d’une tournée mondiale de l’ Orchestre de la Suisse Romande (OSR).

Depuis, ses œuvres sont jouées dans toute l’Europe ainsi qu’au Japon et aux États Unis dans des salles prestigieuses : le Victoria Hall de Genève, le KKL de Lucerne, la Tonhalle de Zürich, la Philharmonie de Paris, la Zaal Koningin Elisabeth d’Anvers, le Wigmore Hall de Londres, le Jacqueline du Pré Music Building d’Oxford, le Gewandhaus de Leipzig, l’Elbphilharmonie de Hamburg le Musikverein de Vienne, le Festpielhaus de Salzburg, la Philharmonie de Dresde, la Philharmonie et le Mariinsky Concert Hall de St Petersburg, le Avery Fisher Hall de New York, la Philharmonie de Shanghai ou le Suntory Hall de Tokyo. Des chefs d’orchestre tels que Kasuyoshi Akiyama, Dennis Russell Davies, Jean Deroyer, Heinz Holliger, Armin Jordan, Fabio Luisi, Bruno Mantovani, Kent Nagano, Zsolt Nagy, Pascal Rophé, Pinchas Steinberg ou Antony Wit ont dirigé ses œuvres.

Comme chef et compositeur, il collabore de manière privilégiée avec de nombreux ensembles et interprètes de réputation internationale parmi lesquels l’Orchestre de la Suisse Romande, l’Orchestre de la Suisse Italienne, l’Orchestre du Mitteldeutscher Rundfunk, le Philharmonisches Staatsorchester Hamburg, le Tokyo Symphony Orchestra, l’Ensemble Intercontemporain, l’Ensemble Contrechamps, le Collegium Novum Zürich, les Swiss Chambers soloists, les Pre Art soloists, le Sine Nomine Quartet, le Amar Quartet, le flûtiste Boris Previsic, le hautboïste Matthias Arter, le clarinettiste Daniel Ottensamer, la trompettiste Alison Balsom, le pianiste David Lively, l’accordéoniste Sergej Tchirkov, l’altiste Geneviève Strosser, les violoncellistes Jan Vogler et Martina Schucan, ou encore les cantatrices Rosemary Hardy, Natalia Zagorinskaja, Hélène Fauchère ou Barbara Zanichelli.

bio Mathilde Reichler

Mathilde Reichler

Mathilde Reichler

Mathilde Reichler s’est formée à l’Université de Genève où elle a été assistante en musicologie pendant plusieurs années. Boursière du FNRS, elle a mené des recherches sur l’opéra russe du 19ème siècle. Elle enseigne actuellement la théorie musicale à la Haute Ecole de Musique de Lausanne, ainsi que la dramaturgie de l’opéra au sein du Certificat de formation continue en dramaturgie de l’Université de Lausanne.

Depuis 2001, elle signe en outre de nombreuses mises en scène, dont Orphée aux Enfers (Offenbach), Gardénal et vinaigrette et Gare d’Enal avec la compagnie de Quat’sous, La Merisaie(Moskva, Tcheriomouchki de Dimitri Chostakovitch) au Casino Théâtre de Genève, Le Chapeau de paille d’Italie (Nino Rota) au Bâtiment des Forces Motrices et Le Mariage de Moussorgski/Voronov, d’après Gogol, donné en création mondiale aux Jardins Musicaux (Cernier) et à la Bâtie-Festival de Genève en 2008.

Dernièrement, elle monte un spectacle dans le cadre des événements mis en place par la Ville de Genève pour le tricentenaire de Jean-Jacques Rousseau : Le Devin [loin] du village, coproduit par le collectif HorsPortée, dont elle est membre fondatrice, l’ensemble Lunaisiens, l’Ensemble baroque de Limoges et la Fondation Royaumont. Mathilde Reichler a été l’assistante d’Alain Maratrat sur Le Voyage à Reims (Rossini) et L’Amour des trois oranges (Prokofiev) au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Elle est également boursière de la Musiktheater Akademie (Allemagne) pour la mise en scène, et donne régulièrement des conférences dans diverses institutions de Suisse romande.

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